Global awards 2016…d’architecture soustenable

La dixième remise des Global Awards for sustainable architecture est commencée…

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et j’arrive juste au moment de la photo de groupe quand la voix de stentor de Gaston Bergeret provenant de la mezzanine suggère un plan d’organisation aux futurs photographiés…. Les cinq agences d’architectures primées vont exposer à tour de rôle leur travail à l’auditoire de la Cité de l’architecture et du patrimoine.

Cette année le thème est « la ressource illimitée du temps ». C’est un fait établi ou une lapalissade,  la matière première n’est pas éternelle, le temps reste quand à lui une valeur non périssable. Une ressource sur laquelle les intervenants de l’architecture « sustainable » s’appuient en général et cette année plus particulièrement.

De nos sociétés sur-actives, basées sur le temps rapide, stressant et productif qui à la longue devient un temps non rémunéré et incapable de nourrir les êtres humains équitablement, point un temps à la mesure de l’être humain, le temps de la réflexion, de la connaissance, de la confiance, de la fabrication des liens humains pour re-fabriquer le lieu, le quartier, la ville…

L’expérience des bidonvilles du Sud Est Asiatique de Patama Roonrakwit,

CASE Studio (Community Architects for Shelter and Environment), Bangkok, Thailand

Patama Roonrakuvit intervient sur …dans…  les bidonvilles d’une partie de l’Asie du Sud Est ; de la Thaïlande, du Cambodge et du Vietnam. Elle est investie dans ce sujet depuis 1997.

« Lorsque je travaille avec les gens, j’essaie d’intégrer les points de vue différents »

Son objectif est d’apporter des solutions sur le mode participatif pour le mieux vivre dans ces quartiers défavorisés. Au début de sa mission, elle fait la plupart du temps face à des adultes méfiants et habitués à prendre ce qui vient du haut sans se questionner pour la plupart de la pertinence de ce qu’on leur donne ou pas. Elle commence son approche souvent avec les enfants, plus spontanés à l’action. Ceux-ci dessinent leur quartier. Les liens invisibles entre les personnes et les cartes de la communauté prennent forme ; les habitudes, les coutumes, les relations… Lire entre les lignes permet de révéler ces connaissances et cerner au mieux la communauté. L’immersion est lente. Le facteur temps est essentiel. Se fondre progressivement, permet de comprendre le fonctionnement de la communauté, mais aussi d’établir une confiance et un respect mutuel. Petit à petit les liens se créent ce qui contribuent à la connaissance et l’expression des besoins, des envies…dans et pour un lieu, un espace.

Aujourd’hui, le sujet des classes moyennes et de leur caractéristique d’entre deux : riches et pauvres; devient préoccupant. Elle a donc transposé ce process muri depuis des années, pour la classe moyenne.

Case studio …LA

Patama Roonrakuvit …ICI

East coast architects… le territoire dans sa largeur

Deux grands types, ingénieurs architectes…venant d’Afrique du Sud, nous ont exposés leurs façons à eux d’être architecte dans leur pays par le biais de deux réalisations d’écoles : Vele et Seven Fountains

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Sur ce territoire immense en voie de « décolonisation « et de désertification au profit des townships, ils ont créé leur agence sous un mode économique léger et indépendant. ECA collabore avec ONG et fondations pour fabriquer avec leurs clients les espaces où ces derniers vont résider. L’agence s’affirme en dehors du système de fabrication officiel ce qui lui permet de proposer recherche et innovation technique et économique sur le mode participatif.

« Le politique parle en quantité pas en qualité » ECA

A Vele et Seven Fountains, les écoliers ainsi que les communautés locales sont intégrés dès l’origine du projet. Même si les adultes « sont habitués à avoir une approche dirigée du haut vers le bas », et donc ont du mal à exprimer leurs besoins, ils ont apprécié que les architectes leur demandent de participer et de donner leurs avis.

La matière pour une bonne part est trouvée sur place cela permet de réduire les coûts et l’énergie grise. Les projets répondent aussi au besoin d’autonomie énergétique  mais pas que…Faire du « sustainable » dans ces territoires cela veut dire pour eux, non seulement donner la parole et l’action aux personnes afin qu’elles s’approprient le lieu mais aussi donner une autonomie économique en fabriquant un lieu frugal à plus d’un égard : dans la gestion de l’énergie, des matières et des eaux, du recyclage et des solutions de récupération ingénieuse. Ces écoles sont aussi des outils d’enseignement efficace qui servent aussi comme lieu social de la communauté.

« (Les écoles)…jouent un rôle essentiel dans la vie des communautés en particulier celles situées dans des régions éloignées souvent sous équipées et qui de ce fait offrent peu de possibilités de développement social, culturel ou économique. Dans ces territoires les écoles ont le vaste potentiel de servir, non seulement de lieux d’enseignement, mais aussi de centres communautaires, de condensateurs vivants, d’où les possibilités d’apprendre, de se développer rayonnent vers tous les habitants « Seven Fountain Primary school.

L’agence ECA …LA

l’expérience de VELE…ICI

« Enseigner l’architecture par l’expérimentation » par Patrice Doat

co- fondateur de CRAterre, enseignant

« Le construire est plus important que le construit, le temps continu du penser et faire plus constituant que la livraison du produit…que l’architecture n’est pas un produit mais un moment du construire… »

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D’abord il y a eu CRAterre, LE laboratoire de recherche français sur la construction en terre. Il a été fondé en 1979 à Grenoble et à gagner une réputation et échelle internationale. Puis …« On a continué CRAterre et commencé à réfléchir à un institut de formation qui ne serait pas centré sur la terre mais sur tous les matériaux. »  CRAterre a accouché  des Ateliers de l’Isle d’Abeau, Les Grands Ateliers, lieu d’expérimentation à l’échelle 1 de tout types d’idées de construction par les étudiants.

« La pédagogie de la construction gagnait une dimension qui lui avait longtemps manqué : celle du réel de son objet, immédiatement intégrable dans l’idée architecturale » Architecture Cyrille Simonnet 

Les méthodes employées libèrent l’imagination, l’échange et l’appréciation tactile de la matière, l’essai…

Patrice Doat a démontré pendant les quelques quarts d’heure de son intervention sa façon  de réinventer l’enseignement architectural. Afin de nous sensibiliser et appréhender sa méthode, il a mis en scène sa pédagogie active en faisant participer l’auditoire du symposium à des expérimentations et jeux…Un grand moment créatif et libératoire.

Les grands Ateliers …LA

Patrice Doat …ICI

CRAterre…encore LA

Congrés en juillet : Terra Lyon 2016 …Encore ICI

Le village comme évolution de Gion A. Caminada, Vrin, Suisse

« C’est en répétant que l’on apprend le mieux. »

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Gian A. Caminada se préoccupe depuis 1979 au sein de l’association Pro Vin de la survie de son village de montagne Vrin et de son devenir face aux exodes en faveur des villes. L’association a pour objectif :  » la défense et l’amélioration des conditions d’habitat et de travail et la protection de la substance architecturale. »

Cette commune vit de l’agriculture et du tourisme. G A Caminada  « … propose de résister à la muséification des villages de montagne au profit des seuls touristes ». Il est convaincu par « une architecture fondée sur le climat, la topographie, les matériaux, les savoirs faire propres au lieu, mais surtout sur la manière dont les villageois mènent leur existence, peut renforcer l’identité et l’économie locale. »
Par ailleurs enseignant à l’EPFL, il mène des recherches sur les problématiques énergétiques du bâtiment. A l’ajout systèmatique de machines et d’équipements techniques, il préfère étudier les phénomènes de chaleur, d’humidité, des mouvements de l’air, de la lumière et d’acoustique et proposer des solutions par des interventions architecturales : orientations, proportions, positionnement des ouvertures, matériaux…etc.

Les recherches de Gion A. Caminada sur Vrin et à l’EPFL menées sur l’architecture à l’échelle d’un village engage des réflexions transposables ailleurs dans d’autres lieux et villages subissant des problématiques plus ou moins semblables.

Gion A Caminada…LA

Video/article en allemand…encore LA

De la petite dimension et du matériau de Kengo Kuma

Inutile de le présenter… Qui ne connait Kengo Kuma? Il fait parti de la ligue 1 des champions du métier selon Andrew Todd et pourtant il est un des seuls à réfléchir différemment sur l’acte de construction en ce début du XXIème siècle face aux problématiques environnementales.

« le monde commence à se réduire pour aller du grand vers le petit. L’humanité apprend à se priver des grands systèmes (comme l’énergie nucléaire) et nous mêmes sommes en train de transformer, en nous servant utilement de nos mains et de nos ruses animales pour créer notre nid et notre énergie. « écrit en 2011 suite à Fukushima et séisme de Tohoku

L’architecte japonais a remis en question les constructions des dernières décennies celles en béton, moderne, voire ultramoderne …  il propose de redimensionner le projet, de réinstaurer l’échelle. Comme les autres participants, il s’implante dans le local : technique, culturel pour en retrouver les fils perdus et retracer une nouvelle histoire.

« Le problème de la société du XXe siècle a été l’arrogance des concepteurs et des ingénieurs, » a-t-il dit. «Chaque architecte et ingénieur pensaient que l’architecture était beaucoup plus forte que la nature. Après le tsunami, nous avons finalement trouvé que nous étions faibles devant la puissance de la nature. »

« L’influence du tsunami peut montrer l’humilité face à la nature. L’humilité peut être une réflexion sur le choix des matériaux, du détail et de l’échelle du bâtiment. Et les critères de l’ architecture après le tsunami est l’ humilité. »K Kuma pour Deezen

le matériau est plus important que la forme et il provient du local.

« Il préconise une approche de l’architecture par « particules » à la façon du peintre Georges Seurat- on commence avec la plus petite quantité indivisible d’un élément et par accumulation, répétition et variété forme un tout qui ne peut jamais être détaché de ce minuscule module.  » A Todd

starbucks

Kengo Kuma …LA

Ces primés montrent encore une fois, des positions créatives issues de leurs démarches en dehors de contexte existant. Pour répondre à leurs visions du monde, ils façonnent leurs propres écosystèmes pour qu’ils répondent à leur façon de faire l’architecture. Case studio, ECA, Gion A Caminada, P Doat, K Kuma ont créé le contexte qui permet de soutenir leur pratique différente.

En savoir plus …Les Global AWARDS de 2015 …LA

 

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