Du vrac pour la semaine

Du Vrac ? Pour économiser la matière bien sûr …Ici la matière est grise *…Oui je sais en fait ce vrac là s’appelle …de la fainéantise. Jeter ainsi des actualités sans vraiment réfléchir à bien les cataloguer, les numéroter, les trier…cela s’appelle monsieur-dame de la grosse fainéantise.

Ben non …moi j’appelle cela de l’Innovation !…Septique?

*A ne pas confondre avec énergie grise qui est la quantité d’énergie nécessaire lors du cycle de vie d’un matériau. Quoique…pour la pensée ça marche aussi. Si on remplace matériau par pensée… Ca fonctionne.

1 er sujet … Délaissés et Existants (pléonasme?)

Un sujet qui est entré par la grande porte la semaine dernière …les endroits délaissés. Je veux parler des WC et des PK (parking). L’un a été lauréat du prix de la première œuvre 2015 du Moniteur : réalisation des sanitaires au lac du Lit du Roi à Massignieu-de-Rives (Ain). Maîtrise d’ouvrage : privé. Architectes : Régis Roudil. (+info)

L’autre est un sujet exposé  par l’agence Bas Smets, lors de la dernière conférence qui a eu lieu au Pavillon de l’Arsenal en parallèle à l’exposition « Entrer » qui se déroule au CWB   ….(+ d’info)

Les WC et les PK sont des endroits délaissés et souvent mal traités. Je parle de ceux qui font partie du paysage urbain et sont donc visibles par tous. Et souvent, ils font partie des priorités de fonctionnement des programmes : placer les sanitaires et les pks et vous aurez réglé une bonne partie des problèmes. A première vue, cela parait réducteur mais je vous assure que sur certains programmes, ils sont les « pièces maitresses » du bâtiment…D’où les réflexions entendues en agence  » j’ai l’impression d’être toujours en train de régler des problèmes de chio…es et de stationnement »…

« Entrer »,

La conférence invitait les 5 protagonistes belges à développer les propos de l’expo qui présente leur travail, jusqu’au 12 janvier .

Pour faire court, malgré le thème affiché  « Comment modifier le contexte pour le rendre plus durable : cinq exemples belges », l’intérêt de cette conférence reposait sur la présentation d’interventions sur l’existant à diverses échelles et contextes, des démarches particulières sur un sujet « l’existant » peu mis en lumière. Les réponses et les réflexions de ces bureaux (dénomination belge d’agence) sont  intéressantes dans leur process et leur architecture. Leur point de vue peut étayer nos propres réflexions  – Un bâtiment historique, une chapelle réhabilitée en artothèque pour L’Escaut , un bâtiment agricole en ruine réhabilité en habitat et un bâtiment de bureau des années 50/60 appartenant à un ancien site sidérurgique pour Vers.a , un site industriel désaffecté en cœur de village pour le bureau Baumans Deffet. D’autres réflexions étaient présentées : des interventions urbaines pour MSA et une mise en valeur des parking extérieurs comme pièce d’un ensemble urbain pour le bureau Bas Smets.

Catherine Dohmen  pour L’Escaut architecture – le projet de l’ Artothèque de Mons

C’est la confrontation d’un bâtiment historique, une église, avec un programme actuel, nouveau.  L’escaut part de l’analyse des différentes contraintes existantes ; historiques, techniques, esthétiques pour trouver comment y insérer ce programme nouveau dans un budget défini. La réponse est la juxtaposition des deux systèmes en créant des points de dialogue : fente toute hauteur ménageant des vues, révéler les univers moderne/ancien dans une unité de lieu…

Guillaume Becker pour Vers.a 

Deux réalisations étaient présentées dans la conférence ; un ancien bâtiment agricole reconverti en habitat et un bâtiment de bureaux des années 50/60 sur un ancien site sidérurgique démoli, ré-exploité à des fins de bureaux. G. Becker explique que la contrainte de l’isolation est un facteur nouveau qui impacte la façon de concevoir les bâtiments. Deux solutions se présentent pour l’existant, isoler par l’extérieur ou par l’intérieur.

photo © agence Vers.a

La réhabilitation de la ferme Taqui…Un état de ruine à rendre étanche, à isoler.

Le parti pris de Vers.a pour ce projet est la boite dans la boite. La volonté est de ne pas toucher à l’aspect extérieur des façades ou de façon minimale, rester dans le déjà-vu, le déjà-là. L’intervention se fait sur l’intérieur par une double paroi isolée. L’adjonction est réalisée en ossature bois ce qui permet de gagner sur l’épaisseur du complexe structure/isolation + mur existant.

photo ©  Vers.a

Pour le bâtiment de bureau des années 50/60, le but a été de récupéré le système porteur poteau/poutre béton du bâtiment existant et d’agrandir les plateaux pour les adapter aux fonctionnalités actuelles en atteignant une profondeur de 15m. le principe d’extension repose sur des consoles en bois accrochée au poteaux bétons existants. L’isolation est réalisée en extérieur sur la nouvelle façade.

Bas Smets –« le parking n’est pas anodin, ses marques restent longtemps » 

Le pk est une pièce urbaine et Bas Smets questionne l’aménagement de parking extérieur de forte capacité dans des contextes paysagers forts ou pas. Le parking devient un verger urbain ou ailleurs, une pièce urbaine créant une identité forte pour un site d’entreprises. Un regard nouveau sur un espace mal vécu, mal géré et pourtant nécéssaire. (ici) ou (la)

Bernard Deffet pour le bureau Baumans Deffet – la reconversion de Dison 

photo © bureau Baumans Deffet

Le projet de Dison est un site industriel reconverti dont le process a duré 15 ans. C’est l’histoire d’un village relié à son site industriel.  L’arrêt de l’exploitation du site a conduit petit à petit à une reconversion urbaine réalisée sur une période de 15 ans. Les questions de la conservation / démolition, de la redynamisation du lieu, du comment faire, des moyens financiers, des politiques en place…une histoire de reconversion  d’un site de grande échelle au cœur d’un village.

Benoit Moritz pour MSA – interventions urbaines

De l’abri bus réalisé suite à un besoin urbain repéré par MSA aux réalisations de passerelles reliant la ville, lieu d’échange et de séjour improvisé, pour finir avec la construction d’un immeuble de logements en site urbain contraignant, le bureau belge donne des réponses claires et essentielles. (ici) (la) et (la)

…Dommage que la France soit par endroit si baroque dans ses réponses architecturales…Et si peu présente dans son bati exitant….

Le 2ème sujet…le RDV incontournable

A architec@work comme chaque année, la SFA et Archinov programment leurs conférences hors murs. Cette année, j’ai assisté à deux d’entre elles: celle d’Hervé Baudoin invité par la SFA et celle de Alain Moatti par Archinov. De l’exposé de leur travail sous forme de diaporama commenté, j’ai retenu chez ces deux architectes leurs démarches très différentes voire opposées dans leur pratique professionnelle. Décryptage

Alain Moatti s’est fait un allié des faiblesses actuelles pointées par le secteur sur les phases réalisations chantiers : rapidité d’exécution lié à un savoir-faire moindre. Pour palier à cette pratique de plus en plus répandue, il place une partie de la création en amont dans la recherche de solutions pouvant être déclinées de façon industrielle. La recherche, l’invention restent un processus artisanal de tâtonnement et de test qui lui permettent dans une deuxième phase de mettre au point des éléments reproductibles industriels pour une mise en place rapide et facile lors du chantier. Relevant du même process, il a adopté l’utilisation du Bim et de la 3D sur toute phase.

De l’autre côté, Hervé Baudoin, semble plus à l’écoute d’une démarche artisanale à la Scarpa, avec l’utilisation de savoir-faire précis lors de la réalisation. Et pour la question du BIM, son utilisation dans son travail est plus problématique. Le BIM le renvoie au monde très industrialisé qui ne fait pas tellement partie de sa pratique.

Que conclure ? si conclusion il y a. Au risque d’enfoncer des portes ouvertes… C’est de la pratique perso que provient l’utilisation de tel outil et non du contraire.

Le 3ème sujet …Une première sur la plateforme (+info)

RDV-cri01@suntrap-fr

La plateforme accueillait son premier RDV critique. Une équipe de choc était invitée pour une critique de réalisations hexagonales à la une de l’actualité architecturale …  la référence de RDV critique culturel en visuel pour moi est l’émission de TV  « Ça balance à Paris ».  Dans cette émission, les critiques invités débattent sur l’actualité culturelle à Paris. Les personnalités critiquées sont absentes du plateau. Seul 1 personnalité est invitée à l’insu des critiques et accède au plateau une fois les critiques faites en essayant de se justifier ou pas. Intéressant? La critique est plus libre moins sujette aux sentiments de sympathie que peut provoquer la présence dans la salle de la personnalité dont l’œuvre est critiquée.

Mais revenons au sujet, peu de monde était là en raison des évènements dramatiques récents. Les réalisations mises sur la sellette étaient : le mémorial de Rivesaltes par R Ricciotti, le grand stade de Bordeaux par Herzog et de Meuron, le Centre de recherche et développement EDF par Francis Soler, les bureaux Citylights par Dominique Perrault, et Home les logements par Hamonic et Masson et Comte & Vollenweider. Le débat critique était animé par Francis Rambert.

Le Musée-mémorial du camp de Rivesaltes, par Rudy Ricciotti (+info)

Sophie Trelcat : Elégance et réponse plastique en adéquation…Ricciotti est le roi du béton.

Philippe Trétiack : Un balancement permanent entre la liberté et l’enfermement…une très très grande puissance.

Frédéric Edelmann : Un dialogue étonnant avec ce qui reste des baraquements »et « ce type d’aridité et d’austérité est  devenue la norme.

Richard Scoffier : Il n’est pas forcement génial dans le logement…Mais là, il est génial dans le sacré.

Le Grand Stade de Bordeaux, par Herzog & de Meuron (+info)

S. Trelcat : La dérive est que  l’entreprise prenne le pas sur la création architecturale…un travail très fort dans le détail.

F. Edelmann : il est très mal situé par rapport à la ville.

P. Trétiack : Matmut Atlantique…son nom est moche…l’acoustique est très travaillée…un bâtiment solitaire…une zone bizarre.

S. Trelcat: c’est un quartier en pleine transformation.

R. Scoffier : l’extérieur le projette à l’heure de Platon et d’Aristote.

P. Trétiack : la Grèce antique.

Francis Rambert : « la vérité constructive? » car le bâtiment comporte plus de colonnes que de besoin constructif.

F. Edelmann : la vérité constructive n’est pas …cela a toujours été ainsi (NDR : dans tout projet?)

Le Centre de recherche et développement EDF à Saclay, par Francis Soler (+info)

R. Scoffier : magnifique…échelle de l’homme…la sphère de Boullée…les cylindres créent de la profondeur.

S. Trelcat : regarder les six réponses du concours. Celle de Soler répond. C’est un paysage dans le paysage…je l’ai vu d’avion d’abord et été étonnée par l’échelle du bâtiment. Il faut être fort pour gérer cette grande échelle.

P. Trétiack : il a un côté Starwars, gazomètre…extraordinaire simplicité constructive donc une réelle complexité…la légèreté dans cette énorme projet…Il (F. Soler) apporte toujours une réponse décalée.

L’ensemble Citylights à la tête du pont de Sèvres, par Dominique Perrault …(+info)

P. Trétiack : travail sur la tôle plissée magnifique…C’est un bâtiment assez réussi…Perrault à un vocabulaire minimal, sériel que je trouve froid.

R. Scoffier : Je trouvais dommage qu’un bâtiment des années 70 soit réhabilité mais il l’a fait d’une manière extraordinaire.

F. Edelmann : C’était une architecture détestable…Je ne vois pas ce que cela change par rapport à l’état d’origine…cela s’est amélioré mais ce n’est pas génial .

Le bâtiment Home, dans la ZAC Masséna, Paris 13e, par Hamonic & Masson et Comte & Vollenweider (+info)

ham-log13@suntrap-fp

S. Trelcat : Bâtiment très élégant, très bien réalisé…réussite plastique…cela semble plein à craquer…la recherche typologique? Pas vraiment. Le logement reste un lieu de démission des architectes.

R. Scoffier : les 2 équipes ont pu travailler ensemble et faire des projets parfaitement unitaire… le logement ne bouge pas…on vit pratiquement dans des logements qui sont pratiquement médicalisés Les balcons permettent un tas d’activités.

F. Edelmann : des bâtiments qui vont rester figer dans les règles qui les ont vu naitre…Ce sont de bâtiments un peu idiots…Ils gigotent, ils font leur intéressants. Obligé pour avoir la commande mais c’est un peu tristounet.

Le mot de la fin à Philippe Trétiack : le PMR c’est le modulor d’aujourd’hui.

Le premier opus de ce RDV critique trimestriel s’est clôturé par une proposition de lecture conseillée par les intervenants de la soirée.

Conseil de lectures

S. Trelcat : Robertino l’apprenti de Le Corbusier par Louise DOUTRELIGNE (ici)

P. Trétiack : Le voleur de Paradis par Klapisch-Zuber (ici)

R. Scoffier : Christian Hauvette – œuvre ultime par Richard Scoffier (ici)

F. Edelmann : Architecture éternelle du Japon par JS Cluzel (ici)

F. Rambert : 5 promenades avec R Piano par Mariane Bourgeois (Ici)

…Et maintenant ?…En route pour les événements de la COP21 pendant ces 15 jours à venir.

 

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