Carton à dessin …feuille 68

Nouveau dessin…

… rendu au pinceau, à l’aquarelle.

 

croquis68@suntrap

 

… fait penser à un bâtiment d’un architecte espagnol, oui? non ?Une structure importante et présente. De quel architecte s’agit-il?…et pour quel bâtiment ?

Réponse :

En fait il ne s’agissait pas d’un dessin de Santiago Calatrava comme supposé mais plutôt du Palazzetto dello Sport autrement dit le petit Palais des sports de Rome réalisé par Pier Luigi Nervi et Hannibal Vitellozzi (1956-57) .

Le Palazetto a été conçu pour les jeux Olympiques de Rome de 1960 et représente l’aboutissement du travail de recherches continues et expérimental de P L Nervi sur le béton et sur la préfabrication structurelle.

L’histoire

Né de l’ambition de créer un prototype de salle de sport de taille moyenne construite à faible coût et réalisable dans toutes les villes d’Italie, cette réalisation devint par la suite un des symboles les plus connus d’ouvrage olympique.

En 1954, le Comité olympique national italien s’adresse à l’architecte Hannibal Vitellozzi qui fait appel à P.L.Nervi ingénieur pour faire le projet.

La conception est essentielle : le grand dôme circulaire de 60 mètres de diamètre est soulevé par des piliers inclinés situés sur une circonférence extérieure de 78 mètres. La couverture minutieusement nervurée est trop coûteuse à mettre en place avec les techniques traditionnelles. L’utilisation d’éléments préfabriqués en ferro-cemento selon le système breveté par Nervi et distribué par sa société Nervi et Bartoli rendra le projet possible.
« Au milieu des années 40, il développe le ferro-cemento, un matériau solide et léger, composé de couches de mailles d’acier mélangées avec du béton. Cette innovation a rendu possible la complexité et la beauté de bâtiments qui lui ont procuré une renommée mondiale. » l’architecture comme défi exposition 2013 à l’EPFL

Le coût s’élève à 263 millions de lires et le bâtiment sera construit en un peu plus d’un an. La coque quant à elle, est réalisée en 1 mois. Le succès critique sera controversé. La culture architecturale italienne réagit avec enthousiasme ; seul le critique Bruno Zevi prend position et critique la rapidité d’exécution des ouvrages pour les Jeux olympiques. La presse spécialisée à travers le monde, loin de la controverse, soutient le petit chef-d’œuvre, signifiant la reconnaissance définitive de Nervi en tête de l’ingénierie internationale.

Le Palazzetto

« …des formes qui autrefois n’étaient réalisables que dans les matériaux les plus légers, peuvent être exécutées désormais en béton armé. On voit réapparaitre les formes d’habitation les plus anciennes  : la tente des nomades, le toit suspendu… » Espace, temps, architecture S. Giedon

Cette structure légère est un des exemples emblématiques de la conception très personnelle que Nervi avait de la statique. Il exploite la résistance inhérente de la forme d’une manière totalement originale. Pour lui, ses recherches se basent sur le principe de l’économie et sont fondamentales pour la qualité esthétique du bâtiment. Depuis 1939, P.L. Nervi cherche à améliorer les techniques du béton utilisé comme couverture. Il mettra au point dans ses projets des structures de grande portée allant de 75 m à 300 m.

La construction repose sur un plan circulaire couvert par un dôme. La calotte sphérique du dôme prend appui sur une couronne de trente-six piliers en forme d’Y. Ces piliers sont disposés radialement et sont inclinés le long de la tangente à la courbe de la coque.

les piliers comportent quatre branches : trois forment le « Y » et une sert d’appui vertical. Ils sont reliés à l’intrados de la coque à l’aide d’une structure à nervures croisées à effet visuel saisissant (losange allongé), qui évite, selon B. Zevi, les effets de clair-obscur violents qui caractérisent, par contraste, les caissons profonds du Panthéon.

La coque du Palazzetto est composée de 1620 éléments losange en ferro-cemento préfabriqué de 2,5 cm d’épaisseur. Par-dessus, ces éléments préfabriqués fut coulée sur place une dalle en béton armé de 4 cm d’épaisseur.

Cette coque ondulée donnera l’impression d’ « Une énorme méduse » avec ses piliers en Y qui forment « tentacules « selon B. Zévi.  Fervent adepte de l’architecture organique, il trouve une force figurative, plastique et dynamique au bâtiment.

La salle est modulable et s’adapte rapidement à tout événement sportif du matchs de boxes, de luttes (5000 places) à la gymnastique ou au basket ball (4000 places).

« … les constructions de Nervi ont pour but principal de définir la nature structurelle de l’espace-lumière … et se manifeste dans le sentiment de lumière … « (Argan, 1955: 31-32)

En partie haute, en pourtour du bâtiment, la lumière naturelle entre par les larges ouvertures et se diffuse dans la voûte par le jeu des textures structurelles entrelacées. Le périmètre en anneau autour de la salle, abrite circulations, services, entrepôts et service de sécurité.

Depuis 2011, le Palazzetto accueille le club de basket-ball de Rome, le Pallacanestro Virtus Roma.

Pier Luigi Nervi

«L’ingénieur est capable de satisfaire les besoins émotionnels autant qu’il est capable de résoudre des problèmes pratiques les plus complexes « (Giedion 1954/87).

Nervi a gardé sa vie durant une double casquette celle d’ ingénieur-concepteur et celle de constructeur. Cela lui confère une image atypique dans le panorama de l’ingénierie et de l’architecture de la dernière partie du 20e siècle. Il évoluait entre son atelier et son entreprise où la grande tradition artisanale italienne s’était mise au service de la préfabrication et du gigantisme. 

Il a été décrit comme une personne possédant l’audace de l’ingénieur, l’imagination de l’architecte et le pragmatisme de l’homme d’affaires.

Pier Luigi Nervi avait la capacité de concevoir et d’oser des solutions structurelles hyperstatiques, relevant plus de l’intuition et de l’expérience pratique que de rigoureux calcul prévisionnel.

 

Peir Luigi Nervi …en savoir plus

La fondation Zevi..ici

des photos…des photos … mais pas que …article en italien LA

 

 

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Carton à dessin …feuille 68

2 réflexions sur “Carton à dessin …feuille 68

  1. Bien. Je me suis fait avoir comme un bleu! (je pensais qu’il s’agissait de Calatrava) Merci pour le coup de bluff.
    Je me suis surtout penché sur Freyssinet ces derniers temps (je suis étudiant) et c’est très intéressant de découvrir les différentes approches du béton propres à chaque pays!
    Et au passage, excellentissime blog!
    Salutations architecturales.

    1. fp dit :

      Eheh. Effectivement Calatrava semble très proche.
      Ravie que le blog vous plaise Jérôme
      Merci et bonnes recherches sur Freyssinet !
      Bloggissime’s salutations

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