Idées et pragmatisme…du développement soutenable (part 2)

Du côté de la plage… coquillages et crustacés…

On retrouve le Off du DD (développement durable) version numéro 3 (le 1er ici ) qui s’est déroulé fin mars dernier…et durant lequel ont été présenté des réalisations sur le mode participatif, utilisant des matériaux bio-sourcés, et étant autonome au niveau énergétique… « What else » comme dirait un certain Georges dans une certaine pub!

Un récapitulatif s’impose …Le troisième off s’est déroulé avec une organisation encore PLUS rodée, mieux structurée. Et comme la dernière fois, quatre sites étaient Off : Paris, Lyon, Marseille et St Denis de la Réunion. Le PLUS organisationnel de cette année était la mise en place de connexions audio/visuelles entre Paris et les autres sites…une première. Les thèmes de cette année étaient sensiblement les mêmes.

Citoyen et constructeur…le participatif à l’honneur

Avec le logement, partie prenante du système,

Le jury du Off a choisi deux réalisations de coopératives de futurs habitants, accompagnées d’architecte et d’AMO spécialisé dans l’autopromotion : celle de Coop Coteau à Ivry-sur-Seine (94) accompagnée par SCOP Atelier 15 Ivry, architecte et celle de K’HUTTE à Strasbourg-Cronenbourg (67) coachée par Yves Grossiord, architecte et Unanymm AMO autopromotion.

Pour l’auto promotion engagée dans le projet de Strasbourg, le but est d’inventer des process reproductibles à grande échelle qui soient une alternative à la promotion immobilière.

Le temps est un facteur essentiel des projets d’habitat participatif. Il faut le temps de maturation du groupe. Les choses avancent au fur et à mesure des arrivants : « faire le projet en créant le groupe ».

Une réalisation atypique : « la maison qui déménage« 

avait été exposée à la Villette (75) du 12 mai au 19 juillet 2014. Depuis elle s’est installée sur un terrain à Jouy-en-Josas (78). C’est une réalisation d’Habitat et Humanisme avec Pascal Colné, architecte.

Le financement de la maison, dans la phase 1, c’est à dire pour le prototype a été réalisé à 100% par des fonds privés. Pour les phases de développement, H et H souhaite utiliser le système des PLAI .

Du point de vue technique, les raccordements d’alimentation se font sur le site sur les réseaux existants

Modèle participatif aussi pour des projets citoyens de bâtiments publics…

♦l’École maternelle de 8 classes des Boutours à Rosny-sous-Bois (93) d’ Emmanuel Pezres et Pierre-Jean Pouillard, architectes est un bâtiment à ossature bois et remplissage en paille avec un toit végétal. Le chantier était participatif pour la construction des murs. Les enfants quant à eux, ont réalisé et posé des mosaiques.

♦le Projet écocitoyen à Pierrevert (04) par R+4, architectes :

« Ce projet propose, à l’échelle d’une petite commune, une mutualisation de plusieurs usages municipaux qui permet une intéressante économie de surfaces. Les utilisateurs ont été associés à la définition du programme et à la conception architecturale. Un espace de rencontres pour les parents est également prévu au sein de ce bâtiment, qui combine une ossature bois et d’autres matériaux bio sourcés. »

♦Et la Rénovation écocitoyenne de la Mairie de Champneuville (55) par  Agnès Ries, architecte

Les matériaux…le bois, la paille, le chaume.

Le bois était à l’honneur avec trois bâtiments de logements collectifs dont deux situés à Montreuil : 17 logements réalisés par A003 architectes pour OSICA – SNI, les 18 logements sociaux de LA Architectures  pour OPH Montreuillois, lauréat du prix de la première oeuvre du Moniteur 2014 et les 26 logements sociaux résidence Jules Ferry de ASP architecture pour Le Toit Vosgien à Saint-Dié-des-Vosges (88), le premier bâtiment de 8 niveaux en bois.

Deux ERP ont été sélectionnés, l’extension du collège de Doujani à Mayotte (976) par Co Architectes qui a tordu  le coup aux à priori des gens locaux sur le bois en matière de mauvaise réputation (matériau pauvre)  et un bâtiment en chaume, le Centre de découverte et de recherche sur la biodiversité à La-Roche-sur-Yon (85) par Guinée Potin Architectes.

Débat :

Q : Habiter un appartement en bois brut, c’est perçu comment?…En général, comment les utilisateurs vivent les matériaux ?

ASP architecture : le bâtiment a été livre en 2013. Les gens ne se posent pas de question. Les questions venaient plutôt des contrôleurs techniques… Les charges pour les locataires sont de 100 euros/an pour une température de 23/24°.

Guinée et Potin : Ils ont envie de toucher le bâtiment. Le personnel est heureux. Les difficultés sont venues plutôt des bureaux de contrôle et des pompiers. Il n’existe pas de DTU pour le chaume. On ne peut pas connaitre le bilan thermique du chaume à priori sans avoir expérimenté.

L’expérience d’un fab-lab: l’Écodesign fab-lab à Montreuil (93)

L’ Écodesign Fab-lab est aménagé sur sur le site industriel de MOZINOR et est dédié aux échanges d’idées, de ressources et de projets, partagés de manière ouverte entre les acteurs. Les déchets de Mozinor sont récupérés et deviennent des ressources :  des objets, des meubles fabriqués par les participants au Fab lab. C’est un lieu ouvert de partage, de coopération.

Q : Est-il possible de fabriquer et de revendre?

Fab Lab : Si la personne vient avec plusieurs projets, on va privatiser et le modèle économique ne sera plus le même…

Le retour du paysage…

Avec deux Écoquartiers, celui des Brichères à Auxerre (89) réalisé par Serge Renaudie, urbaniste et paysagiste et celui de Montévrain (77) EPA-Marne, par latelier Philippe Madec, architecte-urbaniste. C’est un travail de recherche archéologique et de partage avec les habitants du quartier pour S. Renaudie et une prise en compte de l’agriculture dans l’édification du quartier par l’atelier P. Madec.

Le projet de la Maison du lac d’Aiguebelette à Nances (73) par Fabriques, architectes et paysagistes crée un paysage et les réalisation des Jardins filtrants pour le lycée Gué à Congis-sur-Thérouanne (77) par Sonia Cortesse, architecte contribue à son équilibre.

Débat :

Q : pour les 20 ha d’agriculture du projet de Montévrain et pour le jardin filtrant, les surfaces sont-elles suffisantes?

Atelier Philippe Madec : Il s’agit plutôt d’une agriculture urbaine de maraichage, un circuit court. Un consultant a validé les surfaces. Une entreprise est rentable avec 3 à 4ha.

R : Oui. Par contre le long des côtes françaises, on a de gros problèmes. Ce serait bien de ne pas avoir des stations chimiques et de trouver des solutions de cet ordre-là.

Q : Le potentiel de diffusion de ces projets?

APM : Nous avons été contacté par d’autres aménageurs et d’autres EPA pour reproduire ce mode d’agriculture urbaine.

MO projet de Serge Renaudie : le partage se fait par réseau en interne, service de la région…

Sonia Cortesse : C’est un procédé utilisable pour les petites communes 1200 habitants. Qu’on en finisse avec les stations d’épuration chimiques ! Cela prend de la place, effectivement : 4m²/hab. contre 10m²/hab. l’avantage est que l’on a zéro rejet.

SR : La découverte des racines néolithiques du site ont valorisé les propres racines des habitants du quartier. Nous sommes partis de rien et c’est en marchant que nous y sommes arrivés.

De l’holistique transcendant et de la réhabilitation…

En d’autres termes…du Durable qui va encore plus loin.

Niveau logement, plusieurs réalisations,

L’habitat groupé au Havre (76) de 14 maisons passives dans le quartier Henri Dunant par l’atelier Philippe Madec, exemple de travail sur la maison, son jardin et ses annexes (1 pièce en plus) proche d’ensemble urbain des années 70.

Les 41 logements sociaux passifs (Passivhaus) à Gonesse (95) réalisés par l’Atelier Pascal Gontier. Ces appartements traversants avec terrasse, balcon ou jardin ont un haut niveau de confort.

Pour les équipements,

Le Groupe scolaire à Hombourg le Haut (57) par G. Studio propose un travail sur le contexte, sur le lieu historique, dans une démarche bioclimatique. Le bâtiment HELIOS Institut de l’Energie Solaire à Chambéry (73) par l’Atelier d’Architecture Michel Rémon et l’Agence d’Architecture Frédéric Nicolas est conçu pour la performance.

En plus, était choisi l’Hôtel de Région Auvergne à Clermont-Ferrand (63) par Bruno Mader qui est un bâtiment contemporain en double peau et en bois et accompagne le développement de la filière bois locale. Ainsi que la Vigie de détection des feux de forêt dans le Massif de Figuerolles (13) par Oh !som Architectes, qui est un projet sensible sur un site exceptionnel demandant des exigences d’autonomie, et de moindre impact.

Et de la réhabilitation…

Fer de lance du développement durable est un sujet qui semble encore assez difficile à être mise en oeuvre sur une échelle importante.

D’un coté, le off a repéré des réhabilitations de petits projets comme le bâtiment des Services techniques à Saint-Martin-de-Crau (13) par Oh !som Architectes et la petite chapelle Sainte Geneviève à Saint-Maurice sous les Côtes (55) par OBIKA servant de halte pour randonneurs et lieu d’expo.

Et de l’autre, il a promu des projets plus importants comme la démarche de réhabilitation des logements sociaux CAMELIAS 33, à Saint-Denis de La Réunion (974) par ENDEMIK ainsi que la restructuration performante du pôle géosciences IGN / Météo France à Saint Mandé (94) par Patrick Mauger

Débat :

Q : Génie du lieu ou du projet?

G-Studio : C’est le lieu qui a créé le projet. Les élus ne sont pas toujours partants. Pour ce projet, ils trouvaient que la réponse était trop excentrique.

Atelier P. Madec : Comment construit-on un endroit d’une ville sur les limites de la ville?

Q : Est ce que tous ces projets font des petits?

M. D’ouvrage Le Havre : On cherche à aller plus loin en expérimentant de nouvelles choses.

Q : Que va devenir l’Hotel de région?

R : Le bâtiment sera utilisé pour compléter des services de la région sur Clermont Ferrand

Q : Réhabilitation – Comment faire avec un bâtiment hausmanien pour qu’il soit optimum? 

R : il y a 7 ans un type d’un organisme disait que: « c’est pas grave, on va mettre l’isolant puis une moulure en plastique et après un enduit dessus. »

Conclusions

 par Alain Bornarel 

« Le 1er Off nous a montré que le durable était possible, aujourd’hui avec le 3ème Off, non seulement c’est possible et envisageable mais c’est généralisable…Le passif au Nord, au Sud de la France et outre mer n’est pas le même. Le bio-sourcé a pris de l’importance . Pour le 1er Off les bâtiments en bois étaient de R+1, R+2. Pour le 3ème Off les bâtiments sont à R+7. La paille, est aussi devenue un matériau utilisé fréquemment. »

et pour conclure le off 2015 propose « Un bâtiment qui n’épuisera pas la planète et qui proposera autre chose..un bâtiment frugal pour une société frugale de demain. »

… Et comme à chaque fois tout finit en chanson avec le off… sur une musique de Boris Vian

  … Et si vous avez raté la « part1 » de cet article…C’est ICI

Prochain off du DD 2017 – appel à projets jusqu’au 14 novembre 2016…LA

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Idées et pragmatisme…du développement soutenable (part 2)

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