Les entretiens par Edouard François

Les entretiens de Chaillot de retour de vacances avec Edouard François

ou comment anana…ïser l’audience de l’auditorium de la cité de l’archi…

Un nouveau challenge celui de raconter une conférence d’E. François. personnalité atypique présentant les fruits atypiques d’une recherche …

« Mon père était polytechnicien et j’ai raté polytechnique…donc…j’ai fait beaux-arts…. maths… archi… paysage… » Atypique!

Ses réalisations d’architecte ?…Un « mélange » bâtiment- végétal, saupoudré de recherches artistiques sur la matière, le matériau, le tout parsemé d’un semis de pragmatisme et vous avez une architecture ATYPIQUE.

Après un bref récapitulatif de son parcours …une entrée dans le vif du sujet :

« La hauteur pour tous».

Une commande de la ville de Paris dont le mot d’ordre était « faire aimer les tours aux parisiens » projette E. François sur le thème de la hauteur : « les tours à Paris…les parisiens détestent ce sujet ».

ed-francois04@suntrap

Parti du postulat que l’atout de la vue sur le territoire donnée par la tour est souvent une valeur bénéficiant à une minorité sociale, il en fait une plus-value pour tout le monde, du moins pour ceux qui peuvent et veulent acquérir une terrasse en hauteur.

Après l’évacuation du sujet balcon qu’il juge être « une véritable connerie » (ponts thermiques et règlement handicapé en font une usine à gaz du détail!) il s’est tourné vers les hauteurs de l’immeuble pour réaliser ce prolongement extérieur du logement.  Ces terrasses en hauteur attribuées aux résidents de l’immeuble ou à d’autres sont complètement dissociées  de l’appartement et révèlent aux habitants une valeur de la tour… celle de la hauteur du point de vue.

Ce concept, il le qualifie de « socialiste chrétien » car  » le logement le plus haut aura la terrasse la plus basse et le logement le plus bas aura la terrasse la plus haute ». Pour terminer, il ajoute que « tous les logements ont la même valeur », les appartements ont tous le même prix quel que soit l’étage. Les appartements situés du 0 au 6 ème étage sont inscrits dans l’urbain, au-dessus ils rentrent dans la notion du paysage et du territoire.

Le goût de l’ananas…« et si la hauteur venait de l’ananas »

La forme de la tour s’est  concrétisée par sa rencontre avec l’ananas. Les feuilles matérialisent les terrasses, les espaces extérieurs au sommet de la tour.  Les logements font référence à la partie charnue en bas du fruit. Après des expérimentations de proportion de ces deux entités avec la promotion privée, une première réalisation est en cours à Grenoble avec la Cogedim. (ici) D’autres commandes sont venues de Gurgaon en Inde  (la et la ) pour une clientèle très aisée et enfin le projet des lanternes (la).

Débat :

Francis Soler : On ne sait plus pourquoi tu fais des tours! Le prototype du début n’est plus. On dirait que tu es dans un système de réflexe qui te fait faire des tours. Le rapport poétique d’E. François n’est plus. Là, il y a plus de réflexes typologiques que de position sur la ville.

E.F. : Ce n’est pas moi qui invente la hauteur. Mon propos est de convaincre pour y faire autre chose que du logement. Eviter d’avoir une population de riches qui squattent la hauteur des immeubles. Le haut appartient à plusieurs personnes et qui peuvent être extérieures à l’immeuble. On va ailleurs, dans son pavillon…une nouvelle forme de sociabilité : on reçoit en haut…ailleurs que dans son appartement…C’est une extension de l’habitabilité…Et je ne savais pas que les promoteurs joueraient le jeu du prix quel que soit la hauteur.

Q : quel est la proportion entre la terrasse et les parties jouxtant habitables?

E.F. : C’est une discussion avec le promoteur…A Grenoble c’est un peu petit…la pièce surtout…avoir une petite pièce c’est bien. Le débat du shonage ou pas est tombé, donc ce sera plus facile à réaliser.

Q : il n’y a pas un contexte privilégié de réalisation?

E.F : Non…même au Canada ça marche. Chez eux, le balcon ne sert qu’à empêcher la lumière de rentrer. Le vent, on en tient compte.

Q : Quel est l’avenir de cette image?

E.F. : On peut avoir un énorme squat la haut !  En supprimant l’HP (hauteur plafond) on ne sait pas comment la ville va évoluer. Ça pose des questions sur l’hyper densité. Rien ne s’oppose à mettre des m² en haut sauf si il y a un règlement de copropriété l’interdisant.

Q : Quel est l’intérêt de la Cogedim de se lancer dans des projets comme ça?

E.F. : il faut leur demander! J’imagine qu’ils ont envie de participer à autre chose… Ils font des pré-tests et puis si c’est bon ils se lancent.

Q : Est-ce que cette piste peut être adaptée aux logements sociaux?…ou à une mixité sociale?

E.F. : Je voudrais que l’on supprime le logement social et revenir à un système d’aide à la personne. Corréler l’aide avec la distance à son travail cela permettrait de réguler les transports, de limiter la pollution…

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