Josep Llinàs Carmona

Plutôt morose l’ambiance pour certains…La solution? Marteler en mode autosuggestion le Propos sur le bonheur d’Alain :

« Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté »… ne laissons pas l’humeur, l’humour tombé.

La semaine dernière, j’ai assisté à la conférence de Joseph Llinas Carmona à la SFA… Architecte catalan vivant et travaillant à Barcelone…Une présentation de son travail avant et depuis la crise et un préambule plutôt réaliste sur la situation des architectes espagnols …

« La crise est terrible en Espagne pour la société en général et surtout pour la construction… Ca a changé particulièrement pour moi… Tous les logements sont déjà faits donc il n’y a pas de travail…Je ne peux pas faire une conférence sans parler de ça….Il y a une autre architecture en relation avec le changement »

Et d’ajouter :

« J’ai mélangé les projets avant et après la crise »...

Des excuses pour le français …des excuses confuses pour  la présentation des projets réalisés actuellement… qui peuvent paraitre »anecdotiques », paraitre plus insignifiants en ces temps difficiles…

Josep Llinas était passé à la cité de l’archi en 2009 et avait présenté entre autre, la bibliothèque ainsi que l’institut de microchirurgie oculaire qu’il a réalisé à Barcelone.

Projets

La bibliothèque Jaume Fuster 2006.

(avertissement  la direction n’est pas responsable du mal de mer du à l’abus de mouvement de caméra et du choix musical )

Il s’agit d’un projet en limite du quartier de Gracia entre 2 topographies coupées par une voie importante desservant parcs et collines entourant Barcelone. Le propos fut de dégager l’espace du terrain, d’avoir une respiration à cet endroit en ménageant une place, un parvis, un espace public devant la future bibliothèque. Fabriquer la ville avec le projet d’architecture.

Présentation d’un projet actuel : en cours

Une maison pour un particulier dans une ancienne usine désaffectée. Le concept de la boite dans la boite avec comme environnement des immeubles proches plongeant sur les espaces extérieurs de ce nouvel habitat. Pour préserver l’intime de cet habitat en rez de chaussée, il a créé  des alignements de cyprès  protégeant des vues du voisinage et pour s’abriter du soleil, un grand auvent profond au-dessus des parties vitrées fait d’une toile créée par un artiste peintre.

Concours pour un promoteur à l’Hospitalet: en cours

Un emplacement au milieu d’un nœud autoroutier desservant Barcelone.

Et un programme de logements… Le parti évident de la tour pour répondre au contexte urbain du noeud et au programme.

Le choix du béton pour des raisons économiques et la réflexion de Josep LLinas sur cette tour : « On ne peut pas faire un dinosaure avec des os de lapin »…me fait penser à quelque chose du genre : « on ne peut pas faire d’un âne un cheval de course »…Mais bon, cela n’engage que moi-même!

Il a donc concentré ses recherches pour alléger la tour, lui donner des proportions qui selon le programme d’origine était d’aspect aussi lourd qu’un dinosaure… et pour palier au problème de la répétition, il a  utilisé des éléments décoratifs, qu’il a repris du projet de l’auvent de la maison particulière (voir plus haut) en a extrait un motif (poisson et algues) avec lequel il a joué  pour trouver un mouvement dans la façade…  un mouvement tournant ascensionnel comme celui d’une toupie….Garder en tête l’économie du projet et le respect de l’idée et manier les deux pour obtenir quelque chose qui soit le plus satisfaisant possible….« le problème du projet : on respecte toujours le poisson ».

L ‘institut de microchirurgie oculaire de Barcelone 2009

Le terrain est en limite de Barcelone sur un flanc de colline dans un environnement très végétal. L’idée était de cacher le projet dans la forêt …impossible! Un travail sur la lumière naturelle, les espaces pleins et vides, les matériaux, béton, métal servant de protection solaire et la volumétrie…

Projet actuel

Commencé il y a 3 ou 4 ans, il se situe près de la plaza de Cataluna et jouxte un immeuble historique. Il se déploie le long d’une rue qui donne sur le Passeig de Gracia.  C’est un projet qui a évolué dans sa programmation en hôtel. Derrière en centre d’ilot, est prévu une cour minérale végétalisée par des lignes graphiques de cyprès. L’hotel répond en écho aux tourelles du bâtiment historique par son jeu de toiture émergeante en un endroit.

Projet à Mexico :

« 2 millions 1/2 d’habitants …Une ville informelle d’urbanisme sans ordre. »

Un programme ambitieux d’équipements publics : bibliothèque, théâtre, marché, école projeté dans un contexte d’habitations auto construites.

« Nous avons voulu transformer le terrain en belvédère. »

Des rapports complexes comme celui des bâtiments du projet, conçus à l’échelle de la ville, et des logements existants en auto construction …s’appuyer sur la démarche de J.M. Jujol pour définir ce rapport là : de manière festive en multipliant l’image de personnes en façade.

Josep Maria Jujol était un disciple de Gaudi, Josep Llinas décrit son approche  :

« Une architecture entre la culture populaire et la culture kitch…. Il y a un pouvoir incroyable dans cette architecture. »

Cet équipement doit permettre de connecter les différents lieux d’habitations du quartier et doit concilier dans sa forme l’environnement de l’auto construction.

 Auditorium L’Atlàntida de Vic 2010

« Beaucoup de tours…car  beaucoup de couvent. »

Ce projet d’extension de l’ école de musique devient la connexion entre la vieille ville et les nouveaux quartiers. La partie auditorium a été déterminé dans sa forme par l’ingénierie acoustique. Son plafond est une représentation graphique de la topographie du lieu : endroit près des Pyrénées.

Un bâtiment presque fini à Barcelone dans le nouveau quartier : « un quartier que je n’aime pas beaucoup »

Ce sont des Logements économiques, des réglements qui interdisent les balcons…des façades planes, plates… une utilisation des matériaux en façade très bon marché. « Mortel »

L’inspiration vient de cette photo de Catala- Roca  C’est une ‘image du quartier dans les années 55…un peu plus loin..Llinas associe la poule à l’œuf…Et l’oeuf devient motif  de façade, créant  un élément plus ou moins en relief et formant des variations aléatoires (référence à la pluie) et la photo numérisée des poules est incrustée dans d’autres parties de la façade.

Débat :

Q : Vous avez beaucoup parlé de Jujol comme référence qu’en est-il de votre référence Alejandro de La Sota?

J.L. : C’est un archi que j’aime beaucoup… l’architecture peut être populaire ou intellectuelle le reste est commercial. J’ai montré cette théorie à Sota et il aime bien.

Q : Vous n’avez pas pu changer la forme du théâtre car ce sont les ingénieurs qui imposent (pour l’acoustique) et vous travaillez beaucoup le côté rapporté de l’architecture : la décoration.

Est-ce la seule liberté qui reste à l’architecte dans la pratique de l’architecture?

J.L : C’est une question très intéressante… Je crois que pour quelques personnes arrive le moment d’aller de l’autre côté de la construction : l’abstraction.

L’ordre de Jujol est très libre. L’architecture doit être présente dans les bâtiments les plus anodins. La construction est la solution à un problème basique. 

Q : Comment arrivez-vous à aboutir a ses formes?

J.L : C’est le résultat d’un an de travail. C’est intuitif…l’obligation de l’architecture à se rendre visible… l’architecture c’est essentielle à la vie.

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