Marcel against Eileen?

Affiche d’un match de boxe? Il est vrai que l’architecture fait figure de sport de combat…alors quoi?  Marcel against Eileen? Gray contre  Breuer?

En ce moment, à côté du phénomène Ricciotti qui emporte dans sa ola une bonne partie de l’actualité sur l’architecture, a lieu ou ont lieu plus exactement deux expos sur deux architectes/designer du 20ème siècle : Eileen Gray et Marcel Breuer.

Si l’un part du propos industriel du Bahaus où d’étudiant il devint enseignant grâce à ses réalisations et recherches sur le mobilier,  l’autre s’est appropriée une approche plus artisanale : formation beaux-arts et apprentissage de la laque chez un artisan.  Le parallèle vient de leur itinéraire : chacun a développé progressivement leur savoir-faire en commençant par l’échelle du mobilier pour arriver à celle de l’architecture

Leurs parcours est un corps à corps avec la matière, le matériau … le bois, la laque, le tissage de tapis, le métal, le tissu et le béton pour Eileen Gray. Le bois, le métal coudé, le tissu, la pierre, le métal et le  béton pour M. Breuer… ils utilisent à peu près les mêmes matériaux avec des perceptions différentes.

Il y a  des tâtonnements chez Eileen Gray, des besoins de recherches et d’expression dans différentes directions : la laque, le tissage des tapis, la peinture, la photo, le mobilier…Et puis la rencontre avec le monde de l’architecture et les facéties (jalousie? machisme?) de Le Corbu qui graphe une partie des murs de la maison E 1027 sans le consentement des intéressés…

Chez  Breuer,  on imagine une personne forte dans ses certitudes, n’hésitant pas à employer la matière dans sa rudesse, à chercher des points limites dans la volumétrie amboutissant à une architecture fleurtant avec  la sculpture. On peut imaginer que ses recherches et expérimentations sur les limites dans  le mobilier l’ont  préparé à dépasser celles existantes dans l’architecture.

Eileen Gray

Eileen Gray est complètement dans le propos de Jean Guervilly quand il affirme que « pour faire de l’architecture. il ne faut pas être dans le besoin. » Dédouaner de l’aspect matériel du métier, elle a su exploiter ses passions et enrichir de ses recherches son mobilier et ses maisons.

Elle est passée de l’art décoratif dans sa première période avec la création d’objet, de meubles, de tapis puis s’est attaquée ensuite à l’architecture à partir de sa rencontre  avec l’architecte J. Badovici.

Du coté, des meubles, j’ai aprécié la finesse des éléments, des proportions, la recherche de modularité et de fonction, les matériaux employés, la singularité des objets.

En architecture, elle a réalisé notamment  :

 E 1027  la maison pour et avec J. Badovici :  à Roquebrune- cap Martin, (info visite…LA)

Tempe a Pailla à Castellar près de Menton (+info)

Lou Perou – la Chapelle St Anne- St Tropez (+info)

Une belle expo au Centre Pompidou. Elle prendra fin le 20 mai prochain- d’autres video ...ICI

Marcel Breuer (+engl.) (+fr.)

Pour beaucoup, Le nom de Marcel Breuer renvoie au Wassily… je parle du siège. A ce propos en 1927, il dit :

« Il y a deux ans, ayant fini mon premier fauteuil de club en acier je pensais que, de toutes mes pièces jusqu’à présent créées, c’était celle qui me vaudrait le plus de critiques. Tant pour son apparence externe que dans son expression matérielle, qui sont chacune poussée à l’extrême ; sans le moindre effet artistique, mais réduite à son aspect fonctionnel ; la moins confortable, la plus industrialisée. Ce qui est finalement arrivé était en réalité à l’opposé de ce à quoi je m’étais attendu. »

Dans sa première vie, M. Breuer a créé des meubles et s’est fait connaitre et apprécier pour ses inventions. Ce n’est qu’après s’être installé aux USA qu’il a commencé sa carrière d’architecte.

« What is the principal difference between what we call ‘modern space’ and the attitudes of past architecture? I think it is one all-important change in our lives: we have learned to move faster—faster than anyone ever moved before. We no longer see little details, disconnected or detached from the overall picture. We see continuities…. » Marcel Breuer

Les mots clefs de Breuer sont porte à faux, rectangle couché… et des  phrases à méditer comme :

«L’architecture doit créer des formes qui supportent la répétition»

Il découvre à partir des années 50 la malléabilité du béton et va l’utiliser. Il appartient pour M. Ragon au courant de l’architecture sculpture.

« La sculpture-architecture  peut être une pépinière de formes nouvelles. Elle permettrait le développement d’un art individualiste, une œuvre faite par un seul, face à l’autre pôle de l’architecture, totalement industrialisé » Michel Ragon « Ou vivrons nous demain »

Ses réalisations en France :

La salle des séances plénières de l’Unesco à Paris (1952- 1958, avec B. Zehrfuss et P. L. Nervi) ;

Le siège d’IBM à La Gaude, près de Nice (1961, avec R. Gatje) ;

La station de sports d’hiver de Flaine, Haute-Savoie (1960-1976)

Les grands ensembles des Hauts de Sainte Croix à Bayonne (1968-1971).

Très belle expo à voir… beaucoups de documentations, d’infos et d’oeuvres exposées. Des documentaires sur ses réalisations en France. Et notamment un sur la station de ski de Flaine.

Expo du 20 fév  au 17 juillet La cité de l’architecture

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